Blog de Damien Deshayes

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mardi 31 août 2010

Page Free Scores disponible


Sur les conseils de Coco, lectrice de ce blog, j'ai finalement craqué et ai créé ma page Free Scores hier soir. Certaines partitions seront  en téléchargement sur cette page, sans l'être sur mon site. L'avantage est tout de même de toucher une plus large audience et de permettre des recherches par instrument, ce qui peut m'avantager vu que j'écris fréquemment pour la flûte à bec. Je suis d'ores et déjà étonné par le nombre de téléchargement 24h après la première mise en ligne! Je fais donc l'essai pour l'instant, quitte à retirer cette page après.


lundi 30 août 2010

Les coulisses de l'opéra "La Mouche", ce soir sur ARTE


Ce soir, à 22h30, ARTE diffuse un documentaire sur l'opéra "La Mouche" de David Cronenberg et d'Howard Shore. Même si cette adaptation lyrique du film n'a pas particulièrement convaincu la critique, qui a été assez dure à l'égard d'Howard Shore, c'est l'occasion pour ceux qui n'ont pas assisté aux représentations (j'en fais partie) d'entendre quelques extraits de l'opéra afin de juger sur pièce! Je serai donc devant mon poste ce soir!

En 1986, David Cronenberg réalise «La Mouche». La musique du film est composée par Howard Shore, qui signe depuis toujours la partition des films du cinéaste. Le triomphe public et critique propulse les deux hommes vers les sommets. Vingt ans plus tard, Howard Shore et David Cronenberg se retrouvent pour faire de «La Mouche» un opéra : David Henry Hwang écrit le livret, Dante Ferretti s'occupe des décors et Placido Domingo accepte la baguette de directeur musical. Des premières répétitions à la création au Théâtre du Châtelet en juillet 2008, David Cronenberg raconte les étapes de cette aventure.

samedi 28 août 2010

Le post-sérialisme en question. Réponse à un billet de Claude Samuel sur Qobuz

Yves Riesel, fondateur de Qobuz et d'Abeille Musique a publié sur son facebook un lien vers le blog de Claude Samuel, où ce dernier réagissait à une phrase de Jacques Attali : "Je suis indifférent ou hostile à la musique non harmonique. Pour moi, ce n’est pas de la musique."

Article

Avant de réagir à ces propos, une petite notice biographique. Claude Samuel a été producteur de disques et homme de médias. A la radio et dans ses écrits, il défendu ardemment, à partir des années 60, la musique de notre temps, et plus particulièrement la musique de Messiaen, de Boulez ou de Xenakis. Il a créé en 1991 ce que je crois être le plus grand festival de musique contemporaine parisien: le Festival Présences.

En pleine lecture de l'essai de Duteurtre (qui ne fait que confirmer ce que je pensais déjà), je ne peux pas rester indifférent face aux arguments de Claude Samuel. Son parcours, ses goûts, sa façon de réagir aux propos d'Attali dont il dénonce l'"inculture", le rangent définitivement parmi ces ayatollah de la musique sérielle dont parle à raison l’essayiste.

Vous l'avez compris, je suis parfaitement d'accord avec le constat d'Attali si sa phrase d'origine veut dire ce que Claude Samuel veut lui faire dire. Il est évident que Jacques Attali ne prônait pas la musique monodique mais bien la musique tonale consonante. La phrase est directe, un peu brutale, mais on pourrait également considérer qu'elle est à la mesure de la violence dictatoriale dont ont fait preuve les animateurs du post sérialisme pendant trente ans. A ce propos, dire que Boulez fustige les académismes sonne comme une belle plaisanterie: historiquement parlant, il est évident que Boulez est le principal artisan d'un académisme de la nouveauté qui a phagocyté pendant plus de trente ans la création musicale française et les dispositifs octroyant des subventions étatiques.

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samedi 21 août 2010

Courte page de pub - Page Facebook


Comme la majorité des internautes, je suis un très gros utilisateur de Facebook, que j'utilise à des fins essentiellement professionnelles depuis 2007. J'ai longtemps hésité à créer ma fan-page facebook à vrai dire parce que je pensais que ce serait une démarche déplacée pour un petit compositeur. Finalement, voyant que beaucoup des mes jeunes collègues l'avaient fait, j'ai sauté le pas à l'occasion de la sortie de mon long métrage. Si vous désirez donc suivre mon actualité autrement, la page se trouve à cette adresse!

Voilà! L'information est passée :-)

 

mardi 17 août 2010

Révision d'Un Soir te souvient-il


La pièce "Un Soir te souvient-il?", pour flûte à bec soprano ou ténor, que j'avais initialement composée il y a 5 ans, a fait l'objet d'une révision cet été. La nouvelle partition est disponible à cette adresse. Les changements portent essentiellement sur la forme (qui se déploie en trois parties désormais). Contrairement à la majorité de mes œuvres précédentes, cette pièce n'a toujours pas été jouée en concert, mais je compte l'enregistrer en studio avant la fin de l'année. 

vendredi 13 août 2010

La relève tchèque: Tomáš Dvořák

Vous n'en avez peut-être jamais entendu parler. Et pour cause, Tomáš Dvořák semble essentiellement connu en République Tchèque sous le pseudonyme de Floex. En 2009, pendant 8 mois, ce jeune compositeur a écrit la musique du jeu vidéo Machinarium, développé par le studio tchèque indépendant Amanita Design. Ce point-&-click qui reprend le concept de Myst, a su élaborer un univers immersif en 2D extrêmement travaillé, ce qui lui a valu un accueil critique très favorable à sa sortie. Ce jeu vidéo reste pourtant méconnu, et il le serait peut-être encore resté longtemps si Amanita Design n'avait pas décidé de vendre à prix cassé (c'est à dire 5 euros) le jeu vidéo et sa bande son en téléchargement.

La réussite du jeu tient beaucoup au talent de Tomáš Dvořák. Avec peu de budget et un home studio très modeste, le compositeur tchèque nous livre une bande son contemplative, minimaliste et envoûtante à base de bruits et de sons robotiques ponctués par quelques instruments acoustiques. Sans être révolutionnaire, cette approche, néanmoins originale et instructive, m'a beaucoup impressionné. Un compositeur à suivre donc!

mardi 10 août 2010

Une base de données mondiale sur les oeuvres musicales?


La SACEM vient d'annoncer à la presse que différents acteurs de l'industrie musicale lançait "un appel d'offres afin de créer une base de données globale d'informations sur les oeuvres musicales et les enregistrement sonores". Je relaie l'information car je suis enchanté par cette idée qui permettrait d'une part de disposer sur la Toile d'une sorte d'IMDB de la musique, et d'autre part de mieux identifier les ayants droits d'une oeuvre et donc de faciliter la libération des droits correspondants. Il est possible que cette annonce soit une énième tentative pour l'industrie de colmater les brèches, même les plus minuscules, d'un navire qui prend l'eau depuis 2003: mieux identifier les ayants droits, c'est aussi faciliter la synchronisation audiovisuelles des oeuvres musicales, un débouché devenu porteur et rémunérateur pour les labels. Je m'interroge néanmoins sur la nature des oeuvres musicales qui seront recensées: uniquement celles qui ont fait l'objet d'une exploitation discographique (physique ou en ligne)? Les oeuvres musicales exploitées autrement (cinéma ou concert, voire par Internet sous licence libre) seront-elles incluses dans cette base de donnée? En tout cas, l'initiative est intéressante à mon sens et mérite d'être suivie de près.

 

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samedi 7 août 2010

Eyengui et la musique sacrée.

Alors que tout le monde part en vacances autour de moi, je consacre tout mon été à écrire Eyengui, une pièce pour chœur et piano (avec probablement un instrument soliste supplémentaire) que le Chœur Mélisande doit créer l’année prochaine. Avec cette pièce, je tente d’évoquer musicalement les efforts du peuple pygmée pour renouer la communication perdue avec leur dieu des rêves, reprenant ainsi le sujet du documentaire éponyme passé sur ARTE il y a quelques années. Je continue ainsi d’approfondir des sujets qui me tiennent à cœur depuis longtemps : la disparition des cultures et les enjeux environnementaux (les pygmées sont victimes de la déforestation).

Après mon long, j’ai vécu cette « crise » créatrice qui conduit à être tout à coup plus exigeant avec soi-même et à vouloir se transcender une nouvelle fois. C’est une sensation assez douloureuse parce qu’en nous rongeant elle nous empêche de ressentir les choses et de créer. Dans ces moments là j’ai souvent envie de renier une partie de mon œuvre de concert ou du moins de la réviser entièrement ; comme si je voulais consolider les fondations avant de construire un nouvel étage. Chose curieuse, c’est un sentiment que je ne connais pratiquement jamais quand j’écris de la musique de film.

C’est la première fois que je compose pour chœur, et il faut bien avouer que ce n’est pas un exercice évident lorsqu’on désire s’aventurer au delà des chants et basses donnés du cours d’écriture. Les contraintes que je me suis fixé n’étaient par ailleurs pas très faciles à contourner : comment associer les polyrythmies répétitives à 4 voix et les gammes pentatoniques et anhémitoniques des pygmées, avec mon souhait de travailler des harmonies subtiles et des contrepoints travaillés, sans singer la musique répétitive de Steve Reich ou rappeler les échantillons ultra connotés des albums de Deep Forest? Les ressources bibliographiques étant très rares voire inexistantes (en allant à la BPI, je n’ai trouvé que deux articles), j’ai « étudié » la musique de ces tribus pendant quelques semaines en relevant les mélodies et leurs contre-chants que je pouvais écouter sur des disques qui leur étaient consacrés .

Puis, connaissant déjà bien la musique chorale atonale (Xenakis, Ligeti, Penderecki), qui n’a pas sa place à mon sens dans Eyengui, j’ai entrepris pendant tout le mois l’écoute de musiques chorales tonales. J’ai emprunté au hasard deux disques à la médiathèque : l’un de Sir John Taverner (à ne pas confondre avec le compositeur de la Renaissance) et l’autre de James MacMillan. Ce contact avec la musique sacrée britannique immédiatement contemporaine (je connaissais déjà la musique de Britten et de Richard Rodney Bennett) a été un premier choc. Les mélismes de James MacMillan me subjugent littéralement. Il semblerait que ces broderies soient inspirés par la musique celtique, mais de mon côté j’entend surtout une technique vocale très proche des polyphonies Corses - je suis très impatient de recevoir les partitions - très abordables - que je me suis acheté cette nuit pour poursuivre l'analyse de son oeuvre.

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mardi 20 juillet 2010

Inception & Hans Zimmer

Inception, le prochain film de Christopher Nolan sort demain sur nos écrans. La bande-annonce est alléchante et les premiers retours très positifs. S'il n'a pas réussi à battre les performances historiques de The Dark Knight, le film a tout de même fait un excellent démarrage aux USA, en totalisant 60 millions de dollars de recettes le premier WE.

Lors de la première du film aux Etats-Unis, le compositeur Hans Zimmer a gratifié les invités d'un concert d'une vingtaine de minutes, que vous pouvez visionner à cette adresse et que je conseille de regarder jusqu'au bout si ce n'est pas déjà fait. Cette prestation est à mon sens instructive à plus d'un titre.

Il est toujours de bon ton dans le milieu béophile de remettre en cause les qualités musicales de l'initiateur du style MV. Les arguments sont toujours les mêmes, et restent tout à fait fondés à mon sens : si vous en doutiez, ce concert ne vous convaincra pas du contraire. Ce que l'on reproche à Hans Zimmer? Des quintes et des octaves parallèles, une harmonie très simple, essentiellement verticale et une orchestration un peu pâteuse à base de doublures qui occulte fréquemment la section des bois (plus difficile à manier). En matière d'orchestration et d'harmonie, je n'ai jamais pu considérer Hans Zimmer comme un maître à penser (et ce n'est qu'un avis personnel). Ce qui me semble intéressant chez lui, c'est bien autre chose.

Comme je le disais sur un forum il y a peu, je crois que définitivement, Hans Zimmer est un compositeur et musicien rock. Tenter d'analyser sa musique selon les critères de la musique savante est à mon sens voué à l'échec, même si Hans Zimmer, dans les entretiens qu'ils donnent, citent fréquemment des compositeurs comme Sibelius ou Ligeti. Dans sa musique, ce qui prédomine, ce sont la mélodie, l'énergie, la puissance et le rythme. Ce qui constitue l'essence même du rock, dont le langage use à foison des accords parallèles, qui ont succédé aux block chords du jazz.

Une section de cuivres sur une estrade qui rappelle celle des big bands des années 50, une guitare électrique, une grosse batterie, des ordinateurs et des racks d'effet, des instruments à cordes amplifiés constituent l'instrumentarium de cette perfomance: on ne peut pas s'attendre à de la musique Debussyste, c'est évident: le style  ici est tout à fait assumé. Compte tenu son évolution récente (cf. The Dark Knight et Sherlock Holmes), Zimmer semble se diriger de plus en plus dans cette voie à la frontière du rock et de la musique électro "industrielle".

De manière plus générale, ce que je trouve intéressant dans ce live, c'est que d'une part, Zimmer prouve qu'on peut très bien proposer des concerts de musique de film qui dépotent tout autant qu'un concert de rock, et d'autre part que l'esthétique Zimmerienne pourrait tout à fait être pionnière d'un nouveau courant stylistique dans le domaine du rock. On a eu le rock progressif contemplatif, pourquoi ne pas envisager un courant analogue dont l'esthétique aurait pour racine la musique narrative hollywoodienne?

A méditer!

vendredi 18 juin 2010

Mise en ligne de la BOF de Child Play

Vous pouvez écouter la BOF de Child Play à cette adresse. Le film a été réalisé par Jordan Beswick, un cinéaste américain à la carrière bien remplie que j'ai été ravi de rencontrer. Son court métrage, tourné en langue anglaise (Jordan ne parle pas le français), raconte l'histoire d'un jeune père homosexuel (Yvon Martin) plutôt épanoui qui doit faire avec les problèmes de son entourage... Je n'ai eu à signer que le générique de fin de ce film essentiellement dialogué et interprété par des acteurs habités.

J'ai choisi une approche contemplative, avec un piano, un célesta, un piano électrique et quelques nappes. Même si dans l'ensemble le morceau final paraît volontairement très serein (l'état du personnage principal), mon but était aussi de distiller dans cette musique quelques sonorités enfantines (pour symboliser ces personnages qui n'arrivent pas vraiment à maîtriser leur vie - célesta) avec quelques sons un peu moins lisses intégrés de manière très subliminale (nappes qui symbolisent l'état d'esprit un peu torturé de ces mêmes personnages). Le piano électrique était une façon de proposer une sonorité douce à mi chemin entre l'enfance et le monde adulte.

Alors que je lui disais que l'enregistrement ne serait peut-être plus nécessaire, Jordan a quand même voulu que j'enregistre en studio au risque de dépenser pour rien (un luxe dans le milieu du court métrage!). J'ai donc passé une heure au studio Kadence à interpréter la ligne mélodique au piano. Sur sa demande, je lui ai fait écouter quatre versions à l'aveugle: deux versions identiques avec le même piano synthétique, une version avec le piano acoustique enregistré avec un couple de Neuman U 67 et une autre avec un couple de micros Lem customisés par Jean Marnay, placés à mi-hauteur au dessus de la table d'harmonie.

Contre toute attente, alors que je m'étais attaché à la prise du Neuman, le réalisateur a choisi en aveugle la 4e version, l'une des deux versions synthétiques. Jordan a pourtant une excellente oreille, il a ainsi entendu de lui-même, dans ma 3e maquette, la note de piano électrique (a thump sound me disait-il) qui me gênait, que je comptais modifier mais que je ne pensais pas être entendue par un "néophyte". Malgré cela, il a choisi une version synthétique plutôt que l'autre, alors que c'était exactement la même, et l'a préféré aux versions acoustiques. Certes, j'avais également enregistré la fin de la ligne mélodique à une octave supérieure de la maquette originelle, mais je trouve cette expérience révélatrice!

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