Le post-sérialisme en question. Réponse à un billet de Claude Samuel sur Qobuz

Yves Riesel, fondateur de Qobuz et d'Abeille Musique a publié sur son facebook un lien vers le blog de Claude Samuel, où ce dernier réagissait à une phrase de Jacques Attali : "Je suis indifférent ou hostile à la musique non harmonique. Pour moi, ce n’est pas de la musique."

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Avant de réagir à ces propos, une petite notice biographique. Claude Samuel a été producteur de disques et homme de médias. A la radio et dans ses écrits, il défendu ardemment, à partir des années 60, la musique de notre temps, et plus particulièrement la musique de Messiaen, de Boulez ou de Xenakis. Il a créé en 1991 ce que je crois être le plus grand festival de musique contemporaine parisien: le Festival Présences.

En pleine lecture de l'essai de Duteurtre (qui ne fait que confirmer ce que je pensais déjà), je ne peux pas rester indifférent face aux arguments de Claude Samuel. Son parcours, ses goûts, sa façon de réagir aux propos d'Attali dont il dénonce l'"inculture", le rangent définitivement parmi ces ayatollah de la musique sérielle dont parle à raison l’essayiste.

Vous l'avez compris, je suis parfaitement d'accord avec le constat d'Attali si sa phrase d'origine veut dire ce que Claude Samuel veut lui faire dire. Il est évident que Jacques Attali ne prônait pas la musique monodique mais bien la musique tonale consonante. La phrase est directe, un peu brutale, mais on pourrait également considérer qu'elle est à la mesure de la violence dictatoriale dont ont fait preuve les animateurs du post sérialisme pendant trente ans. A ce propos, dire que Boulez fustige les académismes sonne comme une belle plaisanterie: historiquement parlant, il est évident que Boulez est le principal artisan d'un académisme de la nouveauté qui a phagocyté pendant plus de trente ans la création musicale française et les dispositifs octroyant des subventions étatiques.

I. La musique sérielle, une impasse?

Je trouve étrange qu'en 2010, alors que des compositeurs comme Connesson, Reich, Dutilleux ou Adams triomphent dans les salles de concert, on puisse encore soutenir que la musique sérielle n'est pas une "impasse". Même Boulez a assoupli les règles qu'il avait farouchement défendues (en détruisant la vie de quelques compositeurs au passage!). D'un autre côté, après nous avoir fait croire pendant trente ans que le post-sérialisme était l'avenir inéluctable de la musique, ses animateurs semblent battre en retraite et ne revendiquer que le terme "passage": c'est déjà un pas en avant!

Je fais partie de cette jeune génération de compositeurs qui a appris la musique et qui fréquente le festival Présences avec une joie non dissimulée, affrontant avec courage les quelques oeuvres inaudibles héritées du post-sérialisme qu'on nous impose, et me délectant des autres musiques contemporaines pour lesquelles je suis venu. J'ai milité pour la musique contemporaine toute mon adolescence mais j'ai très vite senti, dans ma pratique même, que le sérialisme était quant à lui une impasse: je pense au contraire que c'est la connaissance éclairée de la musique du XXe siècle qui conduit à relativiser l'importance artistique (inversement proportionnelle à son importance historique) de la musique sérielle. Si le sérialisme était un passage, la musique contemporaine actuelle serait la transcendance du post-sérialisme. Alors que celle qui nous influence, nous, la jeune génération, celle de Reich, de Dutilleux, de Connesson, etc... est au contraire un transcendance de ce qu'il y avait avant la dictature du post sérialisme. Le terme passage est donc impropre: le terme "parenthèse" me semble plus approprié.

II. La musique sérielle a-t-elle encore un vrai public ?

Claude Samuel indique plus loin que la musique moderne a trouvé son public. C'est jouer sur les mots. Ce dont il est question ici, c'est de la musique post-sérielle. Je suis désolé de vous décevoir, Claude, mais la musique post-sérielle n'a pas trouvé son public si l'on y voit ici une notion quantifiable. C'est un mirage auquel vous avez cru pendant des décennies. Si la musique contemporaine avait trouvé son public, elle n'aurait pas eu besoin de conquérir les institutions étatiques pour la faire perdurer pendant plusieurs décennies comme un médecin le ferait au chevet de son patient éternellement malade, ni d'user de tous ces noms d'oiseaux à l'égard des compositeurs "passéistes" pour les discréditer parce qu'ils se sentent menacés par ces derniers. Si la musique contemporaine a encore un public aujourd'hui, c'est grâce à la contre-culture américaine et d'Europe de l'Est (et la musique de film) qui a permis de rétablir ce contact précieux entre le public et le compositeur.

Prenons la phrase autrement et admettons que cette affirmation est vraie en postulant que la musique moderne ne touche pas le grand public mais qu'elle a toujours a eu SON public, minuscule mais réel. Il faudrait également analyser ce très modeste public dont on parle, celui qui fréquente ces concerts héritiers du Domaine Musical. Est-il réellement séduit? Y a-t-il des néophytes dans le lot, après des décennies de tentatives pour "expliquer" au grand public la musique contemporaine? N'est-ce pas avant tout un lieu d'auto-congratulation mutuelle?

J'ai souvent eu l'occasion de fréquenter cette faune étrange qui fréquente les concerts de musique contemporaine: le snob. Le snob n'aime pas, il aime "aimer" car c'est une façon de se valoriser. Dans cette logique, aimer la musique contemporaine, c'est annoncer qu'on fait partie d'un cénacle, celui de l'élite.

A mon avis, le discours élitiste de la musique post-sérielle a curieusement permis de se créer un public totalement artificiel qui vient d'abord aux concerts pour des raisons exclusivement sociales (mais vous allez me dire que c'était la même chose à l'opéra au XIXème siècle, ce qui est vrai :-) ).

III. Promouvoir la consonance, un combat d’arrière-garde ?

Pour finir, je suis d'accord avec Claude Samuel lorsqu'il rappelle que Picasso savait dessiner. Mais le raisonnement qu'il tire de ce qu'il considère comme étant un fait que tout personne cultivée doit connaître, est faux. Mettre sur le même plan figuralisme et consonance est une erreur analytique à mon sens. Le figuralisme pictural a pour correspondance toute forme musicale qui cherche à reproduire l’existant, de manière servile ou poétique: une danse (le « Boléro » de Ravel), un bruit (« La Mer » de Debussy), une forme (la sonate, la symphonie), un pastiche… En revanche la consonance musicale a pour correspondance l’harmonie des couleurs. C’est une question de langage, pas de sujet. On peut décrire l’existant de manière harmonieuse ou pas. Pour moi, la consonance est souvent l'alpha et l'oméga en musique, comme l’harmonie des couleurs est souvent l'alpha et l'oméga de la peinture. Et n’en déplaise à Claude Samuel, c’est aussi une absence de culture que de ne pas le croire. Pourquoi ? Depuis la nuit des temps, dans toutes les cultures musicales, la musique est une alternance entre tension et détente (même en Afrique : les variations polyrythmiques jouent ce rôle). Lorsque cette alternance n’est pas là, la musique est « grise ». La majorité des musiques occidentales commencent par un accord consonant (parfait en classique, de septième en jazz) et terminent par un accord consonant (schéma du genre I6 II5 V7+ I5). Les dissonances ne sont là que pour valoriser les consonances. Toute œuvre d’art, tout plaisir est une histoire de couleurs, d’irisations, de variations, ce qui suppose des creux et des pleins, répétitions et ruptures, noir et blanc, repos et agitation. L’appréhension d’une chose suppose qu’on puisse se figurer son absence ou son contraire.

La peinture de Picasso est harmonieuse, comme les toiles de Klein, de Kandinsky, de Miro, de Dali, de Duchamp, ou les installations de Raynaud et de Christo. Elle est donc encore hédoniste parce qu'il y a des appuis "séduisants". Chez Ligeti, l'assise, c'est le rythme, le tuilage. Chez Penderecki, c’est la répétition, la texture. Dans le post-sérialisme, c'est juste une idée vague, une idée que le spectateur ne comprendra jamais sans avoir lu 500 pages d'explication. Ce n'est que du « gris » qui traduit parfois un déficit technique. Je défie d’ailleurs un compositeur post-sériel de composer une fugue qui tienne la route après 30 ans de rupture continue : à force de s’éloigner à tout prix de l’évidence, on finit par ne plus être capable de maîtriser les bases. Le fondateur de l'art conceptuel, Duchamp, savait peindre. Schoenberg savait écrire. Des émules qui l'ont suivi aveuglément pour cacher leur incompétence, beaucoup ne savaient pas. Je ne serais pas aussi sévère que Duteurtre qui ne semble pas apprécier Joseph Beuys (à travers lui l’art conceptuel) ou Pierre Henry (et donc la musique concrète) mais je partage son opinion selon laquelle le tout rupture et la prédominance de l’idée sur la technique pure et élaborée, conduit beaucoup de gens à croire qu’ils peuvent être artistes en se fiant au hasard ou en utilisant une calculatrice.

La remarque de Jacques Attali, prise dans l’acception de Claude Samuel, ne nie pas à la dissonance son rôle fondamental dans la musique : elle promeut seulement la primauté de la consonance sur la dissonance. Cette différence est de taille. A noter que Jacques Attali ne semble pas uniquement rejeter la musique post-sérielle mais également la musique d’un Ligeti ou d’un Penderecki, également dissonante. Ce n’est qu’une question de goût, pas une question de culture.

Commentaires

1. Le dimanche 29 août 2010, 00:03 par patrice tambon

Pour ma part, mes idées sur la question sont très claires et catégoriques. (1)Je n'apprécie pas la musique sérielle. (2) la consonance en musique doit prédominer sur la dissonance (même dans la musique de film). (3) la dissonance est absolument indispensable à mes yeux pour obtenir des pièces subtiles qui ne sonnent pas trop mièvres. (4) Mais à condition que ces dissonances soient bien placées (en particulier bien préparées et surtout résolues). (5) le rôle principal des dissonances étant de créer des tensions destinées à être résolues pour le plus grand plaisir de l'auditeur. (5) On peut très bien composer des plages dissonantes dans la musique de film mais quand même sans en abuser dans la durée. (6) il faut toujours s'intéresser à l'innovation et aux nouvelles découvertes pour faire progresser la culture. (7) mais en restant vigilant pour ne pas sombrer dans le non sens ou le n'importe quoi même si cela peut-être un sujet de faire valoir pour des beaux parleurs qui ne savent pas faire de différence entre une note de musique et une note de restaurant. (8) un artiste doit être un protecteur de son art et ne doit donc pas en détruire complètement ses bases fondamentales. (9) innover dans un art c'est apporter un plus, ou apporter une subtilité, dégager une exception voire une alternative, mais pas totalement remettre en question des siècles de recherches maintes fois vérifiées et bien établies. (10) j'apprécie énormément les dissonances dans la musique de film, mais seulement quand le compositeur l'emploie avec art et bien à propos.

2. Le dimanche 29 août 2010, 22:17 par Damien D

Bonsoir Patrice,

Merci pour ton commentaire!! Je ne pensais pas que cette longue analyse serait lue jusqu'au bout :-)

En ce qui me concerne, je ne suis pas d'accord avec Claude Samuel, vous l'aurez compris: ce qui me dérange le plus dans son discours, c'est qu'on y retrouve cet espèce de mépris assimilant l'absence de goût pour la musique post-sérielle comme un manque de culture. Mais je ne me retrouve pas dans la phrase d'Attali non plus.

Pour préciser, je ne suis pas d'accord avec le point n°4, le 2e point n°5 et le point n°8 (mais j'ai bien compris que c'était un avis personnel ;-) ).

Point 4: je pense qu'aujourd'hui, la préparation et la résolution ne sont pas une nécessité absolue. Le jazz a fait voler en éclat ce genre de règles, et personnellement j'attaque fréquemment les 7e et les 9e sans préparation. Il n'y a pas de règle absolue à mon avis tant que l'effet est intéressant et/ou plaisant.

Point 5: La dissonance durable fait quand même partie intégrante du langage filmique: dans la science fiction ou le film d'horreur, c'est un élément essentiel, et je pense qu'elle peut être utilisée de manière réussie, même là où on ne l'attend pas. Exemple: la BO de Danton ou celle de la Planète des Singes. Cela dit, cela reste une question de choix compositionnel - et de langage.

Je suis encore moins d'accord avec le point 8. Pour moi il n'y a jamais rien d'acquis en musique. L'évolution du langage musical et l'ethnomusicologie montrent qu'il n'y a pas de "recherches maintes fois vérifiées et bien établies". Toutes les cultures ne perçoivent pas la consonance de la même manière. L'histoire du tempérament occidental est déjà un enseignement en soi. Pour moi cette remise en cause brutale de tout ce qui semblait acquis dans la musique a été très nécessaire. Les expériences et happenings de Cage, le sérialisme, la musique aléatoire, la musique stochastique, les clusters à la Penderecki, la musique concrète ont permis de reconstruire notre langage. Le problème c'est lorsque l'expérience est systématisée et considérée comme une fin en soi, avec cette tyrannie de la nouveauté qui fait passer ceux qui continuent à écrire des consonances comme des passéistes qu'il faut éradiquer. Il faut donc trier, et intégrer tout cela pour le proposer au public de telle manière qu'il y trouve un intérêt. Comme tu le dis, il ne faut pas que cela sombre dans le non sens ou le n'importe quoi (sauf si c'est le sujet de la pièce ;-) ).

3. Le samedi 28 juillet 2012, 11:07 par deb76

Bonjour,

Je viens de découvrir votre blog et la réponse que vous avez faite à Claude Samuel. J'avoue que je suis assez surpris par le ton de cette réponse que je trouve pour le moins très réactionnaire. Et effectivement, je comprends pourquoi vous partager l'avis d'Attali. Vous citez Dutilleux, pour lequel j'ai du respect, notamment au niveau de sa musique que j'apprécie beaucoup. J'aime Steve Reich, mais sans plus et Adams moyennement. Mais il ne me viendrait pas à l'idée de dénoncer leur musique comme vous le faites sur la musique sérielle. Ce que je trouve étrange, c'est à l'heure où la liberté n'a jamais été aussi grande, c'est de lire de tels propos quasi haineux. Pour ma part, j'aime le dodécaphonisme, le sérialisme intégral, la musique de Xénakis, bref, tout ce qui peut s'apparenter à l'atonal. J'apprécie aussi le courant spectral.
Or donc, en vous lisant dans un message de 2010, et non pas en 1950, je suis surpris quand même de lire "ces ayatollah de la musique sérielle dont parle à raison l’essayiste" ou ce "mais on pourrait également considérer qu'elle est à la mesure de la violence dictatoriale dont ont fait preuve les animateurs du post sérialisme pendant trente ans". Etes-vous sérieux quand vous écrivez cette phrase ? Souhaitez-vous que je vous rappelle ce que les détracteurs du sérialisme dans les années 50 et 60 écrivaient aussi ? La violence était aussi dans leur camp, c'était un affrontement de part et d'autre. De même, c'est comme si il n'y avait pas eu d'évolution chez les tenants du sérialisme, comme si "Repons" était dans la lignée de" Polyphonie X"...

Ensuite, ce passage me laisse assez pantois : "J'ai souvent eu l'occasion de fréquenter cette faune étrange qui fréquente les concerts de musique contemporaine: le snob. Le snob n'aime pas, il aime "aimer" car c'est une façon de se valoriser. Dans cette logique, aimer la musique contemporaine, c'est annoncer qu'on fait partie d'un cénacle, celui de l'élite".
Sans vouloir être méchant, c'est d'un populisme effarant et comme je le soulignais plus haut pour le moins réactionnaire dans son propos.

Enfin, concernant le public "artificiel", comme vous le qualifiez :"A mon avis, le discours élitiste de la musique post-sérielle a curieusement permis de se créer un public totalement artificiel qui vient d'abord aux concerts pour des raisons exclusivement sociales (mais vous allez me dire que c'était la même chose à l'opéra au XIXème siècle, ce qui est vrai". J'ai envie de vous dire quittez vos salles parisiennes, allez en province, allez dans des petites salles de petits centres culturels qui osent programmer, tiens au hasard, le Marteau sans Maître de Pierre Boulez, les solistes de l'Ensemble Intercontemporain dans des programmes ouverts et passionants, et vous verrez que ce public artificiel, constitué de spectateurs de tous âges, est avide de découvrir enfin des musiques contemporaines et de tous courants, sans ostracisme aucun, avec un plaisir évident.
Tout compte faite, dans ce billet, ll me semble que dans le rôle d'Ayatollah, vous êtes pas mal, un vrai modèle. Vous auriez fait fureur à l'époque de l'inquisition.

4. Le samedi 28 juillet 2012, 22:46 par Damien D

Bonsoir Deb76,

La réflexion que je fais est le résultat d'une expérience personnelle: ce n'est pas comme si j'avais rejeté le sérialisme par principe. Je crois bien être très ouvert face aux démarches artistiques les plus diverses (je suis également un très grand amateur de musique spectrale: Saariaho constitue l'une de mes principales références) et je pense avoir expliqué mon cheminement plus haut. Le sérialisme fut une étape historique majeure, mais certainement pas une fin une soi, ni même la seule musique valable. Comme tout courant musical, il doit être dépassé.

Alors oui, je maintiens que la reconnaissance exclusive du sérialisme par les institutions pendant 30 ans n'a aucun sens et qu'elle est d'abord liée à des raisons politiques et historiques qui n'ont rien à voir avec la musique (on a voulu rompre avec toutes ces traditions qui ont mené aux atrocités de la seconde guerre mondiale... comme si déshumaniser la musique était une solution!). Je maintiens qu'elle a phagocyté des expressions musicales tout aussi louables. Et je maintiens que le sérialisme a souvent été chez certains compositeurs (j'ai bien dit certains) un cache-misère pour compenser des lacunes. Je dénonce aussi la haute pénétration de ce courant dans les Conservatoires qui enseignaient au futur compositeur qu'il n'y avait pas de salut en dehors de celle-ci.

Tu as peut-être quelques difficultés à l'imaginer car tu es de la génération qui a CHOISI le sérialisme. Mais la nôtre l'a subi et a eu beaucoup de mal à s'en défaire (j'ai longtemps cru que je ne pourrai jamais faire de la musique de concert si j'écrivais des mélodies agréables à écouter, ce qui m'a conduit à faire de la musique de film).

En somme, ce qui me gêne, c'est l'importance démesurée qu'on lui a donné artificiellement par rapport à d'autres courants qui innovaient tout autant. La liberté consiste à laisser tout le monde s'exprimer, elle ne consiste pas à rejeter tous les autres courants sous prétexte que ces courants n'ont pas d'intérêt.

"Sans vouloir être méchant, c'est d'un populisme effarant et comme je le soulignais plus haut pour le moins réactionnaire dans son propos."

On s'est peut-être mal compris. Je parle du "snob", pas du public de la musique sérielle dans son ensemble. Comme d'autres, tu n'es donc pas visé, pas plus que tu ne l'es dans cet article... car tu sembles bien plus ouvert que ceux que je dénonce ici (j'ai d'ailleurs beaucoup apprécié le CD que tu as fait avec Bernard Reeb). L'existence du snob est un corollaire des logiques de groupe. Mais elle est plus prégnante lorsqu'elle intervient dans un domaine qui se réclame comme élitiste et n'est pas accessible au grand public: les gens aiment appartenir à des clubs sélectifs qui les valorisent socialement, même si cela ne correspond pas à un goût personnel. Et ce snob, je le connais bien... parce qu'il fait aussi partie de mon public (je ne développe pas) et que j'ai moi même flirté avec ce genre de sentiments lorsque j'étais ado.

De même, c'est comme si il n'y avait pas eu d'évolution chez les tenants du sérialisme, comme si "Repons" était dans la lignée de" Polyphonie X"...

Lorsque j'écris "Même Boulez a assoupli les règles qu'il avait farouchement défendues", il me semble que je suis pourtant allé dans ce sens ;-)

NB: je me suis permis de reporter la précision apportée au commentaire initial, ce qui a rendu le second commentaire superflu :-)

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